Le refuge ou l’éveil de la vie (I)

2017/09/28

Lors de la première transmission de refuge de l'année 2010 en notre institution, le Vénérable Maître Xuecheng faisait part d'importantes instructions aux 182 fidèles laïcs assemblés dans le temple le 6e jour du premier mois lunaire, soit le 19 février, à 15 heures.


Chers condisciples,


Vous allez prendre refuge dans les Trois Joyaux cet après-midi. Parmi vous, certains ont déjà pris refuge auparavant, certains ne l'ont jamais fait, d'autres viennent ici pour la première fois, d'autres encore se joignent à nos assemblées depuis le premier jour de l'année lunaire jusqu'aujourd'hui. Bref, vos situations sont différentes.


Ne comprenant pas encore le vrai sens de la prise du refuge, beaucoup ont l'impression que le rituel se limite à venir au temple chercher protection auprès de bodhisattvas en argile ou en bois, alors, qu'en réalité, c'est auprès des Trois Joyaux - le Bouddha, le Dharma et le Sangha - que cela doit se faire. Les effigies en argile et en bois symbolisent le joyau qu'est l'Éveillé ; les textes sacrés, le joyau que sont ses enseignements ; les moines, le joyau qu'est la communauté des fidèles. De ce fait, nous devons venir prendre refuge non pas dans des idoles ou dans des livres mais dans le Bouddha, le Dharma et le Sangha. Dans la société on fait des études puis on travaille. Sous l'influence de la théorie de l'évolution et de la loi de survie du plus fort, on se livre à une concurrence désespérée pour son espace vital et son développement personnel. On s'évertue à avoir une vie meilleure et à gagner davantage le respect des autres, on veut jouir d'un statut social plus élevé et posséder de plus en plus de richesses. Voilà le mode de vie partagé par tous ceux qui vivent dans notre société profane, sans exception. Voilà donc notre vie, avec son mode de subsistance et son but.



Destiné à nous enseigner comment subsister, comment vivre ; destiné à nous apprendre ce que vivre veut dire, le bouddhisme se rapporte donc au sens de la vie humaine. Pour le bouddhisme et sa loi de cause à effet, il y a la vie et la mort, il y a une vie antérieure, il y a une vie postérieure. Chaque être humain à naître est donc promis au trépas. La naissance, la vieillesse, la maladie et la mort se succèdent. Une fois disparu, l'être humain subsiste-t-il alors ? Croyez-vous que l'être humain a une vie ultérieure après son extinction ? Voilà les questions que le bouddhisme se propose de régler : les questions relatives à la vie et à la mort. Dans le bouddhisme, on aborde la vie et la mort soit comme une mutation soit comme une étape. Primo, comme mutation : les pensées qui nous traversent l'esprit changent constamment. Maintenant, on a telle pensée ; un instant après, on a telle autre. Les pensées se suivent l'une après l'autre. La mutation signifie donc le changement. Et deuzio, comme étape : l'individu naît et meurt en suivant une succession d'étapes. Qu'on ait vécu 80 ans en ce monde, en réalité ce n'est, dans notre vie infinie sans début ni fin, qu'une étape de 80 années. Avant, on existe déjà, et, après, notre vie perdure. Chaque année de ces 80 ans peut encore être divisée en 12 mois, et chaque mois en 30 jours. Cela laisse entendre que notre vie peut se répartir sur des étapes qui s'enchaînent et se distinguent, chacune marquant une naissance et une mort. Adolescence, jeunesse, maturité et vieillesse : voilà la règle de la vie, le phénomène de l'existence.

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